Les perspectives de l’impression 3D mises en lumière à Paris

02 Avr Les perspectives de l’impression 3D mises en lumière à Paris

La semaine dernière, Curiouser a pu assister à deux événements parisiens où l’impression 3D était à l’honneur. Cela nous a permis de réfléchir sur les futurs usages et débouchés de cette technologie : d’un côté des prototypes de smartphones scanners 3D, et de l’autre le bio-printing.

 

Les scanners 3D bientôt à portée de main

Le projet Tango de Google

Le Fab Shop, un des distributeurs des imprimantes 3D MakerBot en France, a installé pendant tout le mois de mars un showroom au Pavillon de l’Arsenal pour présenter au public les différents modèles de Makerbot.

Mardi dernier, un événément spécial était organisé avec la présence d’Omar Soubra, Directeur Marketing de la société Trimble. Cet homme est l’un des rares propriétaires d’un prototype de Projet Tango, le scanner 3D mobile développé à 200 exemplaires par Google. On trouve à l’arrière de ce terminal un peu massif 3 capteurs : un appareil photo classique, un capteur infrarouge (sur les images, ce qui est se trouve à proximité est de couleur rouge tandis que la couleur tire vers le bleu pour tout ce qui est éloigné) et un capteur de profondeur.

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Le Projet Tango en main, on se promène pour capturer l’environnement en trois dimensions. Quelques facteurs influent sur la précision de la captation des datas : lumière, température ambiante, nombre de passages sur le même point de vue…

Après s’être aventuré à prendre quelques selfies, Omar Soubra a essayé de numériser sa maison à l’aide du projet Tango. Pour en savoir plus, vous pouvez lire son article dans Makezine: Hands On: Project Tango, Google’s 3D-Scanning Phone for Makers.

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Maison d’Omar Soubra numérisée en 3D à l’aide du projet Tango

 

Mobile 3D Scanner: le scanner 3D pour tous ?

Nous avons également suivi la dernière édition du Forum Netexplo, observatoire mondial des innovations numériques qui récompense des innovations choisies pour leur potentiel de transformation de la société.

Parmi les dix lauréats, Marc Pollefeys, chercheur à l’Institut fédéral de technologie de Zurich, a développé avec son équipe l’application Mobile 3D Scanner: cette appli transforme un smartphone en scanner 3D en utilisant simplement le capteur photo et les senseurs inertiels (accéléromètre et gyroscope) du téléphone.

Mobile 3D Scanner

Mobile 3D Scanner

Une fois le sujet scanné, l’utilisateur obtient un fichier lui permettant de l’imprimer en 3D. On peut scanner nimporte quel objet ou personnes… Parmi les applications potentielles, Marc Pollefeys a beaucoup insisté sur l’archéologie: en fouillant un site, l’archéologue détruit toujours certaines choses et ne peut pas non plus tout analyser. Avec cette application, les archéologues pourraient capturer l’intégralité d’un site pour pouvoir le réexplorer virtuellement à posteriori.

Dans le domaine du e-commerce, l’application pourrait également servir à mesurer les mensurations d’une personne afin de produire vêtements, chaussures ou encore des lunettes sur mesure. Enfin, Marc Pollefeys a également mentionné d’autres applications plus spécialisées dans les domaines de la criminologie et de la biométrie.

Cette application est encore à l’état de projet de recherche, mais Marc Pollefeys envisage de créer bientôt une startup dédiée pour la rendre accessible au grand public. Le géant Google n’est donc pas le seul acteur sur ce créneau…

MOBILE 3D SCANNER (Suisse) VF – Forum Netexplo… par netexplo

 

Le domaine médical, laboratoire du futur de l’impression 3D

La fusion entre matière inerte et matière organique

Si vous suivez l’actualité médicale et scientifique, peut-être êtes-vous tombés sur cette information la semaine dernière : aux Pays-Bas, une patiente souffrant d’une maladie rare et dont l’os crânien lui comprimait le cerveau s’est faite greffer une nouvelle boite crânienne artificielle, créée sur mesure par impression 3D. L’opération était une première mondiale, vous pouvez voir quelques images par ici (âmes sensibles s’abstenir).

Le bio-printing

L’impression et la pose de prothèses en plastique n’est cependant pas l’alpha et l’oméga de l’impression 3D dans le domaine médical: nous avons découvert également au Forum Netexplo la société néerlandaise Skinprint et son dirigeant Ingmar Van Hengel, récompensés pour leur technologie de fabrication de peau à partir de cellules humaines.

Skinprint

Pour trouver une alternative aux auto-greffes de peau  pour soigner les grands brûlés (douloureuses et lentes à la guérison), l’idée derrière Skinprint est de cultiver des cellules de la peau du patient en laboratoire pour ensuite fabriquer une peau nouvelle, couche par couche à l’aide d’une imprimante 3D biologique.

Bientôt, cette peau fabriquée par bioprinting pourra être produite en grande quantité et réduire les coûts de la chirurgie traditionnelle, améliorer le temps de guérison ainsi que la qualité de vie des patients greffés.

Ingmar Van Hengel mentionnait d’autres débouchés pour cette innovation, notamment soigner certaines maladies comme le cancer de la peau, le vitiligo ou encore les ulcères diabétiques. Dans la cosmétique, la peau imprimée en 3D pourrait également servir à tester de nouveaux produits dermatologiques.

Aujourd’hui, Skinprint doit encore surmonter certains obstacles pour que son projet de peau imprimée en 3D soit viable : d’une part l’irriguation sanguine nécessaire à la survie des greffons, et d’autre part la pigmentation de la peau qui doit se rapprocher le plus possible de celle du patient. Mais Skinprint a bon espoir de surmonter ces difficultés au cours des 5 prochaines années.


SKINPRINT (Pays-Bas) VF – Forum Netexplo 2014 par netexplo

Nous ne manquerons pas de suivre toutes les innovations et applications autour de l’impression 3D, d’autant plus que notre Makerbot à nous, après quelques avaries est à nouveau pleinement opérationnelle !