Plus de relations, être en lien… autant d’injonctions qu’on entend en ce moment et encore davantage à l’heure où presque chacun entretient une relation accrue avec son écran et son IA favorite.
C’est vrai, nous sommes viscéralement des êtres sociaux, des êtres de relation.
Pour autant, je constate depuis un moment que la “relation” est devenue une forme d’injonction dans l’entreprise. Même si elle n’est pas présentée comme une contrainte explicite, elle passe par la promotion de valeurs (la bienveillance), de compétences (les soft skills) qu’il serait désormais indispensable de développer : on doit être en relation et pas dans son coin, en bonne entente avec les autres et pas dans le conflit.
Je suis de plus en plus gênée par cette “injonction à la relation”, qui cache, la plupart du temps, des problèmes d’ordre organisationnel que l’on évite d’adresser. Combien de fois ai-je entendu, ces dernières années, qu’il s’agissait dans telle ou telle équipe “d’un problème relationnel”, ou “d’un problème de communication” ? Et qu’un séminaire allait, comme par magie, régler ces difficultés alors même que le fond du problème tenait à des responsabilités floues, une absence de vision ou d’arbitrage ?
En conséquence, de nombreux séminaires / ateliers et autres formats collaboratifs sont conçus pour que les gens travaillent mieux ensemble, veillent collectivement à l’harmonie de la relation et au bien-être du groupe. Ça marche peut-être le temps du séminaire… et après ? Je suis lasse de ces relations artificielles et pourtant je crois profondément à la relation dans le monde de l’entreprise. Mais je la vois plutôt comme un travail exigeant, parfois inconfortable, qui ne se fait pas uniquement via des temps collectifs pensés pour produire de l’harmonie et qui ignorent (délibérément ?) des problèmes “non relationnels”.
Alors je garde ce mot “Relations” comme une boussole pour 2026 : en continuant à mettre l’intelligence collective au service de temps collaboratifs (séminaires, workshops…) exigeants qui interrogent les façons de coopérer, de communiquer, de manager – au-delà du “mieux travailler ensemble”. Et en parallèle, à une autre échelle, en poursuivant mon travail de coaching – individuel ou collectif – pour accompagner les personnes et les équipes, là où se jouent notamment des questions de posture et de responsabilité. Dans les deux cas, l’enjeu reste le même : soutenir des relations plus justes et plus authentiques.
Mais sans perdre de vue quelque chose d’essentiel : les relations ne peuvent pas être réellement améliorées si elles compensent ou réparent ce qui relève de la structure et de l’organisation.
Il y a donc à mon sens un double défi à relever : travailler la qualité des relations et, en parallèle, avoir le courage de regarder ce qui, dans le système, les met en tension.
On y va ?
Maud