L’idée de communs existe depuis l’antiquité et peut-être même avant. Mais c’est depuis les années 50 que le concept a commencé à se cristalliser autour de théories formelles et autres courants de pensée.

1954, Paul Samuelson et la théorie des biens publics

Samuelson identifie deux caractéristiques principales des biens publics. À l’analyse, un bien public se révèle :

  • non rival : la consommation de ce bien par un usager n’entraîne aucune réduction de la consommation d’autres usagers (le bien n’est pas appropriable : il ne peut pas appartenir à une personne en propre) ;
  • non-exclusif : il est impossible d’exclure quiconque de la consommation de ce bien ; il est, par conséquent, impossible de faire payer l’usage de ce bien (l’offre est indivisible).

1968, Garrett Hardin et la tragédie des communs

Le biologiste américain affirme qu’il y a incompatibilité entre la propriété commune d’une ressource et sa durabilité et n’envisage comme deux seules solutions : la privatisation ou la nationalisation.

1998, Michael Heller et la tragédie des anticommuns

Le professeur de droit immobilier décrit le phénomène où des agents économiques rationnels gaspillent une certaine ressource en la sous-utilisant.

2009, Elinor Ostrom et la gouvernance des communs

Elinor Ostrom prouve que des formes de gouvernance autres que privation ou étatisation sont possibles, et qu’elles sont concrètement mises en œuvre par des communautés pour protéger et maintenir les ressources partagées qui leurs sont confiées. 

Le prix Nobel d’Économie de 2009 a fait connaître ses travaux et mis sur le devant de la scène la question des communs.